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Homélie du 14ème dimanche du temps ordinaire

mardi 11 juillet 2017, par JMRoche

14ème dimanche du temps ordinaire

Où partez-vous cet été ? Et que faites-vous pendant les vacances ? Ces questions, nous les entendons souvent posées ces jours-ci… La période de congés qui s’annonce s’accompagnera pour beaucoup d’entre nous, je l’espère, d’un temps de repos plus ou moins long. Et nous faisons bien d’en parler car l’évangile de ce dimanche nous invite précisément au repos : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. » Quel est donc ce repos qui nous est promis par Jésus ? Et comment notre aspiration légitime à prendre des vacances peut-elle devenir un vrai repos en Dieu ?

La consigne est claire : pour se reposer, il faut venir à lui ! Se reposer ne signifie donc pas : ne rien faire. Au contraire, il suggère de répondre à un appel : celui de bouger (voire de se bouger), d’effectuer un déplacement quel qu’il soit, pourvu qu’il nous mette en mouvement… Autrement dit, se reposer c’est changer d’activités et non pas basculer dans l’inactivité complète. Ainsi, tel d’entre vous choisira cet été d’aller faire un voyage, une randonnée, un pèlerinage ou bien préfèrera se défouler dans un sport, faire du jardinage… autant d’activités qui ne sont pas de tout repos mais qui ne génèrent pas le même type de fatigue que celle accumulée le reste de l’année.

Au fond, c’est moins l’activité qui est reposante que le changement de rythme qu’elle nous impose et les découvertes et rencontres qu’elle nous fait faire… Et quoique que l’on fasse cet été, Jésus nous invite à ne pas nous reposer n’importe comment. « Venez à moi ». Si le repos est un appel, il attend de nous une réponse : non seulement la décision de se reposer mais de choisir la manière dont on va s’y prendre. A la limite, il faudrait organiser sa période de repos comme on organise le reste de ses activités : un temps consacré à soi, à ses proches, à des amis, un temps pour Dieu bien-sûr…

« Venez à moi ! » Par-dessus tout, le repos de l’été est un appel à vivre une rencontre personnelle dans la foi, un échange plus intime avec Dieu. Au début de l’été, l’invitation de Jésus nous interroge : où en sommes-nous dans notre besoin humain de détente, nos aspirations à une saine prise de distance par rapport à des habitudes tenaces, à rompre avec des dépendances malsaines, discerner notre désir de renouvellement personnel, de silence intérieur, d’ouverture aux autres et à la transcendance... Le repos en Dieu : un appel, une décision, une rencontre mais aussi une promesse riche de sens.

Avez-vous remarqué que l’invitation au repos fait suite à la prière de Jésus adressée à son Père ? « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits ». La prière précède l’appel au repos et elle l’accompagne. Et si la prière faisait partie de mon repos ? Du reste, reconnaissons-le : la prière est un travail et elle est un repos. Elle est un travail car prier, ce n’est pas ne rien faire en attendant que le temps passe. Pour prier, il faut être actif, ne serait-ce qu’en prenant la décision de quitter ce que nous faisons habituellement pour passer du temps avec Dieu.

La prière est un travail au sens où elle suppose de prendre des postures, des attitudes de priant. St Ignace de Loyola, que nous fêterons dans quelques jours à la fin du mois, a bien exposé une méthode pour s’exercer à la prière : une mise en présence de Dieu, une demande de grâce que je formule, un cœur à cœur avec Dieu dans la méditation d’un texte de l’Ecriture, une prise de congés pour une relecture de ce temps passé avec Dieu. Mais la prière est aussi un repos. D’abord parce qu’elle nous offre de prendre ce recul nécessaire par rapport à nous-mêmes pour être davantage à Dieu et, de Dieu, aux autres. Plus encore, la prière nous donne de faire le tri en nous, de remettre les choses à leur place, en rassemblant ce qui est dispersé, en corrigeant ce qui est faussé, en unifiant ce qui est contradictoire. Quelles que quoi les fatigues endurées au cours de l’année, quoi de plus reposant que de devenir un homme, une femme unifiée…

Si vous n’êtes pas vraiment convaincus de prendre ce repos en Dieu, je vous laisse avec cette méditation d’un théologien québécois lue un jour dans le quotidien La Croix : « J’aime le repos, dit Dieu. Vous vous faites mourir à travailler. Vous faites du surtemps (nous disons : des heures supplémentaires) pour prendre des vacances. Vous vous agitez, vous ruinez votre santé. (…) Moi, j’aime le repos, dit Dieu. Mais je n’aime pas le paresseux. Je le trouve simplement égoïste car il vit aux dépens des autres. Moi, j’aime le repos, quand il vient après un grand effort et une forte tension de tout l’être. (…) J’aime le repos, dit Dieu. C’est ça qui refait les hommes (…). Et au seuil d’un bel été, je vous le dis à l’oreille, quand vous vous détendez dans la paix du monde, Je suis là, près de vous… et Je me repose avec vous… »

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