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Homélie du 31ème dimanche du temps ordinaire

dimanche 5 novembre 2017, par JMRoche

31 dim ordi A 2017 – Mal 1, 14-2, 2…10 – Ps 130 – 1 Th 2, 7-9, 13 – Matt 23, 1-12

Dans la première lecture, par la bouche et la plume de Malachie, le Seigneur accuse les prêtres d’un usage pervers de la loi. En effet, au retour de l’exil à Babylone et dans le cadre de l’Empire Perse, en plus d’assurer les sacrifices du temple, les prêtres veillent à l’application de la loi au sein du peuple juif car il n’y a plus de roi.

Jésus fait un constat très proche à propos des scribes et des pharisiens. Ils sont assis dans la chair de Moïse car ils énoncent et interprètent la loi. Mais si Moïse a toujours accepté que Dieu le désinstalle, ceux-ci sont assis, c’est-à-dire trop installés pour à se laisser déplacer, fût-ce par Dieu. Mais Jésus invite ses disciples à tenir compte de leurs enseignements mais avec prudence. En effet, ces hommes, surtout préoccupés de leur notoriété, imposent souvent aux autres des obligations intenables. Ils ont l’art de nouer ou de ligoter les gens dans des obligations qu’ils s’évitent ! Il faut donc prendre garde de ne pas se faire ligoter.

Pour éviter de se faire ligoter, mais aussi de devenir semblables aux scribes et pharisiens et pour accéder à la vie éternelle Jésus nous donne trois consignes.

La première : Se situer comme un frère parmi des frères tous ensemble référés à un unique enseignant que Jésus ne nomme pas. Par-là Jésus nous invite à nous situer comme participant à une fraternité caractérisée par un apprentissage permanent.

La deuxième : Ne mettre personne à la place du Père. Par-là Jésus nous invite à ne pas confondre le Père source de vie avec qui que ce soit, pas même un de ses serviteurs le plus remarquable !

La troisième : Ne jamais se situer comme un maître mais plutôt comme un disciple du Christ, donc comme quelqu’un marchant à sa suite alors qu’il nous devance toujours.

Jésus ne nous propose pas de nous humilier mais d’engager une dynamique qui nous tire vers le haut, qui nous élève. Etre un frère toujours en apprentissage, c’est se mettre en condition de toujours apprendre, de toujours progresser. Réserver le titre de Père au seul qui le mérite, c’est s’éviter d’être écrasé un jour par un usurpateur. Ne pas jouer au maître c’est s’éviter de s’installer pour suivre le Christ, c’est prendre le chemin de la résurrection donc de la seule gloire qui vaille car plus forte que la mort !

Paul, le pharisien devenu chrétien, n’a cessé de souffrir pour honorer ces trois consignes par un travail constant grâce auquel il a entendu et fait entendre la parole de Dieu à l’œuvre dans les Thessaloniciens. Ainsi Paul s’est toujours situé comme un frère parmi des frères comme l’atteste ses épîtres qu’il adresse toujours à des frères. Ainsi Paul n’a cessé d’être tourné vers son Père, ne se compromettant avec aucune idolâtrie, y compris l’idolâtrie juive de la Loi.

Ainsi Paul a-t-il répondu à l’appel du Christ et n’a cessé de le suivre. Ce travail l’a rendu attentif à Dieu parlant en ses frères, ne cessant donc de s’instruire, et l’a rendu capable de leur faire entendre la parole de Dieu dont ils étaient porteurs mais à l’égard de laquelle ils seraient restés sourds sans son aide ! Afin de mieux vivre ces trois consignes de Jésus appuyons notre prière sur le psaume 130 :

Seigneur, je n’ai pas le cœur fier

ni le regard ambitieux ;

je ne poursuis ni grands desseins,

ni merveilles qui me dépassent.

Non, mais je tiens mon âme

égale et silencieuse ;

mon âme est en moi comme un enfant,

comme un petit enfant contre sa mère.

Attends le Seigneur, Israël,

maintenant et à jamais.

Olivier Petit.

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