Fiche 4 Janvier 2018

lundi 25 décembre 2017, par JMRoche

Ruth, le choix de Dieu (Livre de Ruth)

Le contexte

Une famille de Bethléem en Juda émigre à Moab, au temps des Juges pour fuir la famine. La période des Juges se situe après l’Exode, avant la royauté. Moab est une région, au-delà du Jourdain, proscrite par Moïse. Les versets 1 à 6 du chapitre 1 donnent les conditions de retour de la survivante Noémi, car il y a du pain en Juda, Dieu a visité son peuple. Il est bon de lire ce texte avant de le travailler par chapitre. Chacun a son lieu et ses dialogues comme quatre actes d’une même histoire.

Le texte

1 - Sur le chemin. Etudier le dialogue de Noémi avec ses belles-filles en 1,7-17. Quels sont les mots qui reviennent souvent ? Dans quels sentiments Noémi retourne-t-elle et quels sont les conseils donnés à ses brus ? Dans quelle attitude Ruth reste-t-elle attachée à sa belle-mère ? Aux versets 16 et 17, le choix de Ruth ne va-t-il pas au-delà de la compassion pour Noémi ? A quoi s’attache-t-elle ? Tout quitter pour un pays qu’elle ne connaît pas ne nous fait-il pas penser à Genèse 12 ? Comment se présente Noémi à Bethléem ?

2 - Dans le champ derrière les moissonneurs. Comment est présentée Ruth par les serviteurs de Booz ? Comment se situe Ruth dans le champ de Booz et vis-à-vis de lui ? De quelle manière Booz la prend-il sous sa protection ? Au verset 11, Booz souligne ce que Ruth a fait pour sa belle-mère, puis au verset 12, ce que Dieu fera à Ruth. Cet amour de fidélité est souligné comme étant une caractéristique du Seigneur. Ruth souligne ce même amour dont Booz l’entoure (grâce, consolation). Les mêmes mots d’attachement du chapitre 1 reviennent ici : attache-toi à ses pas. Qu’est-ce que Noémi révèle de Booz à Ruth et quel espoir s’élève pour elle ?

3 - La rencontre nocturne de Ruth et Booz sur l’aire. Ne faudrait-il pas parler du plan de Noémi et de la liberté de Ruth ? Pour Noémi, rien ne s’est passé pendant toute la moisson de l’orge et du blé, c’est alors que naît son plan de séduction pour forcer la main de Booz au rachat, selon la loi du lévirat. Une autre femme, Tamar, a usé de sa séduction. Ruth va suivre une partie de ses conseils, mais n’agit pas de la même façon, elle se fait reconnaître et fait sa demande « Etends sur ta servante le pan de ton manteau car c’est toi qui as droit de rachat. » Il semble bien que, depuis la première rencontre, une estime réciproque est née entre eux et se manifeste ici, chacun protégeant l’autre. Booz la renvoie avant l’aube avec une promesse et les mains pleines.

4 - Le rachat et un enfant pour Noémi. Nous quittons la route et les champs pour la porte de la ville, le lieu où se traitent les affaires devant témoins. Booz agit habilement pour que « le nom du mort ne soit pas effacé parmi ses frères ». Booz prend Ruth pour épouse et elle enfante un fils. Le nom de Ruth disparaît, un fils est né à Noémi. Cependant dans la généalogie de David, puis de Jésus, Ruth est nommée comme grand-mère de David. Qu’est-ce que cela nous révèle de l’ascendance de David et donc de Jésus ? L’aveugle crie : « Jésus, fils de David » (Luc 18,38). Comment comprendre cette loi du lévirat ? La retrouvons-nous ailleurs dans l’Ancien Testament et l’Evangile ?

Et nous, aujourd’hui ?

Qu’est-ce qui nous rejoint dans cette histoire ? Quel personnage m’intéresse particulièrement ? Comment est présenté le Dieu d’Israël ? Il semble que ce texte ait été écrit ou mis en valeur à partir de traditions anciennes, au moment de la reconstruction du Temple, sous Néhémie, alors que les mariages avec les étrangères étaient proscrits. L’accueil de l’étranger et la migration ne nous touchent-ils pas aussi ?

Prions ensemble

Les bénédictions abondent dans ces textes, « Que le Seigneur te bénisse … Sois bénie du Seigneur ». « Que le Seigneur te rende en bien ce que tu as fait ! Qu’elle soit complète la récompense dont te comblera le Seigneur, le Dieu d’Israël, sous les ailes de qui tu es venue t’abriter ! » Prenons le temps pour bénir ce que Dieu nous fait découvrir des autres et de sa providence.

Le Psaume 127 ne conviendrait-il pas pour conclure le texte ?

« Heureux qui craint le Seigneur et marche selon ses voies ! Tu te nourriras du travail de tes mains : Heureux es-tu ! A toi le bonheur ! Ta femme sera dans ta maison comme une vigne généreuse, et tes fils comme des plants d’olivier. Voilà comment sera béni l’homme qui craint le Seigneur, de Sion que le Seigneur te bénisse ! Tu verras le bonheur de Jérusalem tous les jours de ta vie, et tu verras les fils de tes fils. Paix sur Israël ! »

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