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Homélie de l’Aube Pascale

dimanche 1er avril 2018, par JMRoche

Aube Pascale 2018 – Célébration œcuménique – Marc 16,1-8

Pourquoi Marie de Magdala, Marie mère de Jacques et Salomé veulent-elles embaumer Jésus ? Une femme ne l’a-t-il pas inondé de parfum chez Simon le lépreux à Béthanie pour sa sépulture ? Et pourquoi ne prévoient-elles pas une aide pour rouler cette grande pierre qu’elles savent ne pas pouvoir remuer ?

Ces incohérences expriment un désir que la mort n’a pu tuer. Mais comment pourraient-elles ne pas porter une telle espérance après avoir côtoyé Jésus, lui qui n’a cessé de mettre en échec le péché, le mal et la mort jusqu’à sa crucifixion ?

La grande pierre qui obstruait cette espérance a roulé ! Et un jeune homme les a précédées en ce tombeau ! Ne serait-ce pas lui qui s’est enfui nu lors de l’arrestation de Jésus en laissant son vêtement à ses agresseurs ? Là où elles devraient trouver un cadavre, se tient un vivant. L’espérance serait-elle accomplie ?

C’est stupéfiant ! Effrayant !

Et ce jeune vivant leur annonce que Jésus le Nazarénien, le crucifié, s’est relevé ! Et ce jeune homme les envoie annoncer aux disciples et à Pierre qu’il les attend en Galilée où ils le verront comme il le leur a annoncé !

La pierre a roulé ! La mort est vaincue ! Jésus précède et attend qu’on le rejoigne ! L’espérance est accomplie !

Pourquoi donc les femmes se taisent-elles ? Pourquoi ont-elles peur ? Serait-ce de vivre sans autre perspective que la vie puisque la mort est vaincue ! Où en trouver l’énergie de vivre ? Où en trouver le souffle ?

Mais tel le parfum gaspillé chez Simon le lépreux à Béthanie, le corps nouveau commence à se répandre et à croître en s’adjoignant ses premiers membres : d’abord Marie de Magala, puis deux disciples faisant route vers la campagne, enfin les onze pendant qu’ils sont à table !

A ces derniers le crucifié ressuscité confie de diffuser la bonne odeur de sa victoire sur la mort à toute la création ! A ces derniers Jésus le Nazarénien confie la diffusion de l’Evangile, le seul parfum vivifiant et vitalisant, capable d’associer en un seul corps les multitudes terrestres et célestes !

Rappelons-nous la mission de culture confiée au jardinier d’Eden et sa perversion quand la femme et l’homme consomme le fruit interdit afin d’être comme des Dieux ! Perversion mortifère qui transforme les créatures confiées au jardinier en objets au service de l’affirmation de la toute-puissance humaine et qui les enferme sous la grande pierre de la mort !

Ainsi l’Evangile ouvre à toutes les créatures une perspective d’accomplissement plus forte que la mort où l’humanité les enferme puisqu’elles sont appelées à la résurrection !

Serviteurs de l’Evangile, acteurs de la résurrection, interrogeons-nous sur la manière dont nous jardinons, dont nous participons à la création, dont nous inscrivons la résurrection dans notre rapport aux autres créatures animées et inanimées, spirituelles et matérielles. Les respectons-nous comme créatures ? Que faudrait-il modifier dans nos têtes et dans nos modes de vies pour cela ?

Olivier Petit.

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