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Homélie du 16ème dimanche ordinaire

samedi 28 juillet 2018, par JMRoche

Les voici de retour, les disciples. Ils reviennent auprès de Jésus pour rendre compte de leur mission. L’heure d’un premier bilan est déjà venue pour ces missionnaires, envoyés deux par deux dimanche dernier. Et c’est la seule fois où, dans son évangile, Marc donne aux Douze leur nom d’apôtres, c’est-à-dire d’envoyés.

S’ils ont bien vécu une mission d’apôtres dans le monde, ils n’ont pas oublié pour autant à être disciples de Celui qui les a appelés, chacun, pour être à Lui. Les voici maintenant réunis auprès de leur maître, comme au premier jour. Et loin de les renvoyer à nouveau sur les routes de Galilée, Jésus prend soin d’eux. Comme pour calmer leurs ardeurs, Il les invite à prendre du recul par rapport au monde, pour jouir d’un repos bien mérité. Mais pas de n’importe quelle manière.

Cette invitation au repos m’inspire en ce temps d’été où certains d’en vous auront, peut-être, la chance de prendre du repos, après une année bien chargée. Que nous partions en vacances ou que nous restions à Lyon, cette période estivale est sans doute propice pour vivre autrement notre relation à Dieu. Aussi bien, prendre du repos, selon Dieu, n’est pas de tout repos !

Voyez : c’est précisément lorsqu’ils sont invités à se mettre à l’écart pour se reposer un peu que les foules se lèvent et se mettent en mouvement. C’est dire que bien qu’en repos, la foi en Dieu n’est jamais en sommeil. Bien que vécue de manière plus détendue, elle n’en est pas pour autant appelée à être inactive.

Se reposer ne signifie pas ne rien faire. Se reposer peut déjà signifier changer d’activité, plutôt que de basculer dans une inactivité complète : on peut très bien se reposer en se fatigant mais autrement, par la pratique d’un sport, d’une activité physique intense. Ce qui importe est que l’on ne se repose pas n’importe comment. Comme pour les apôtres de l’Evangile, le repos suppose un appel et une décision. On pourrait même dire que, dans cette affaire, il y en a deux qui se reposent : Dieu et l’homme.

Dieu, dans l’invitation qu’il nous fait aujourd’hui de nous retirer à l’écart dans un endroit désert. Nous, dans la volonté que nous avons de prendre ce recul suffisant mais aussi dans la manière dont on va s’y prendre pour y parvenir. Au fond, on organise son temps de repos un peu comme on organise sa vie de travail.

Et personne n’est dispensé de le faire… En ce sens, la vie spirituelle a à voir avec le repos. Fondamentalement, la prière est un travail et un repos. Elle est un travail au sens que prier n’est pas ne rien faire en attendant que le temps passe. Pour prier, il me faut me rendre présent à Dieu par sa grâce et avec détermination…

La prière est aussi un repos. Toute simplement parce qu’elle permet de prendre du recul par rapport aux paroles et aux actions engagées. Parce qu’elle relativise toutes les activités humaines, les situant par rapport à Dieu, source et inspirateur du vrai repos.

En prenant le temps de situer ma prière au centre de ma vie, ce qui était négligé, somnolent ou désordonné se corrige et s’unifie. Quelles que soient les difficultés et les épreuves que nous ayons pu traverser au cours de l’année, il n’y a rien de plus reposant que de devenir des êtres unifiés en Dieu. Alors, cet été, essayez et vous verrez !

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