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Commentaire sur le psaume 127 (128)

samedi 6 octobre 2018, par JMRoche

Ps 127 (128), 1-2, 3, 4-6 [traduction liturgique]

R/ Que le Seigneur nous bénisse tous les jours de notre vie ! (cf. Ps 127, 5ac)

1 Heureux qui craint le Seigneur et marche selon ses voies !

2 Tu te nourriras du travail de tes mains : Heureux es-tu ! À toi, le bonheur !

3 Ta femme sera dans ta maison comme une vigne généreuse, et tes fils, autour de la table, comme des plants d’olivier.

4 Voilà comment sera béni l’homme qui craint le Seigneur.

5 De Sion, que le Seigneur te bénisse ! Tu verras le bonheur de Jérusalem tous les jours de ta vie,

6 et tu verras les fils de tes fils. Paix sur Israël.

Ce psaume 127 (128) est choisi en harmonie avec la 1e lecture (Gn 2,18-24 : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Je vais lui faire une aide qui lui correspondra. » ... Tous deux ne feront plus qu’un) et avec l’évangile. Le psaume nous décrit comme une photo de famille à table prise un samedi midi / un dimanche midi. C’est un psaume de bénédiction du père, i.e. le père de famille, par le Père, Dieu le Père, ABBA, Adonay (employé 3 fois ici). Dans la culture latine dont nous sommes héritiers, c’est le pater familias. Ce ps donne toutes ses lettres de noblesse au pater familias. Lire le psaume.

Originalité de ce psaume. En général le psalmiste parle de lui au Seigneur : il prie le Seigneur de le délivrer de ses ennemis, il Le remercie, etc. Beaucoup de psaumes sont des prières à 1sg. Dans ce psaume, il n’y a aucun emploi de la 1e personne du singulier, ni du pluriel. Et donc le refrain de la liturgie "Que le Seigneur nous bénisse tous les jours de notre vie" est un remaniement assez conséquent du v. 5 : "Le Seigneur te bénira (de Sion et vois le bonheur de Jérusalem) tous les jours de ta vie".

Etude verset après verset

  • v. 1 Titre : "Cantique des montées" (shir ha-ma’alot) ou cantique des degrés (au sens de : marches d’escalier). L’un des 15 psaumes graduels ou chants des montées (Ps 120-134), conçus pour être chantés lors des trois fêtes de pèlerinage (Pessah, Shavuot, Sukkot) par les pèlerins en montant à Jérusalem ou par les prêtres sur les quinze degrés, c’est-à-dire les marches qui faisaient accéder au Temple de Jérusalem. "En marche tout craignant-du Seigneur, qui marche dans ses voies" Le ps commence donc par une béatitude (ashrei) : Heureux tout craignant-du Seigneur (yere-Adonay), qui marche dans ses voies.
  • v. 2 "Le travail de tes mains, quand tu en mangeras, bienheureux es-tu et bienfait à toi". Là on passe à 2 sg m et le psalmiste s’adresse au père de famille et lui adresse directement la béatitude : il le félicite de son bonheur, se réjouit avec lui de son bonheur de père de famille.
  • v. 3 "Ta femme (est) comme une vigne féconde dans les (pièces) intérieures de ta maison ; tes fils (sont) comme des plants d’oliviers autour de ta table" Le psalmiste continue à 2 sg m et affine la description du bonheur du père de famille : l’épouse est comparée à une vigne, comme une image de fécondité, de douceur, de délice ; et les enfants (les fils) sont comparés à des plants d’oliviers
  • v. 4 "Voici car ainsi sera béni l’homme qui craint le Seigneur." On repasse à la 3 sg m. On retrouve la mention yere-Adonay, (l’homme) qui craint le Seigneur
  • v. 5 "Le Seigneur te bénira de Sion, et vois [impératif] le bonheur de Jérusalem tous les jours de ta vie." On est repassé à 2 sg, mais là le psalmiste transmet la bénédiction du Seigneur qui vient de Sion. Sion c’est un autre nom de Jérusalem, on peut dire le nom amoureux de Jérusalem, parce qu’il est connecté avec le mont Sion, le mont sur lequel Salomon a fait construire le Temple, qui fait face à l’orient, au mont des Oliviers. De la photo de famille ponctuelle décrite dans les vv. 2-3, la perspective s’élargit dans l’espace : la bénédiction du Seigneur sur le père de famille se propage sur Jérusalem et dans le temps : cette bénédiction d’un shabbat midi se prolonge chaque jour de la vie du père de famille
  • v. 6 "Et vois les fils de tes fils. Paix sur Israel." La bénédiction continue de s’élargir dans l’espace (Paix sur Israël. Même verset final en Ps 125,5) et dans le temps (sur 2 générations).

Conclusion. Dans ce psaume, est décrit le craignant-du Seigneur, l’homme qui craint le Seigneur. Il vit du travail de ses mains, il vit une vie heureuse dans le cercle familial et il jouit de la bénédiction du Seigneur.

La crainte de Dieu est un des 7 dons de l’Esprit Saint (esprit de crainte de Dieu, de piété, de science, de conseil, de force, d’intelligence, de sagesse), un esprit de révérence, de respect, un sens de la grandeur. C’est Dieu fait homme fait hostie qui est là présent sur l’autel, qui se met à ma portée. Il est encore plus respectable à cause de ce double abaissement que s’Il était resté inaccessible dans le Ciel. Le premier abaissement a été l’incarnation ; je cite ici Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face :« le Verbe fait chair, le Dieu fort dont l’abaissement à Noël est celui de l’Amour divin qui descend dans la condition humaine pour la sauver » ; et le 2e abaissement a été la Croix qui valide l’institution de l’Eucharistie « Maintenant, c’est dans l’Eucharistie que je vous vois mettre le comble à vos anéantissements », écrit-elle dans la prière pour obtenir l’humilité. L’Eucharistie est l’aboutissement de cet abaissement de Dieu, depuis la crèche jusqu’à la Croix. Dans l’Eucharistie, Dieu va jusqu’à disparaître dans de simples choses : du pain et du vin, pour se donner. « L’Amour ne peut descendre plus bas », estime Thérèse qui vit intensément cette présence réelle.

Demandons pour nous-mêmes et pour notre monde l’esprit de la crainte de Dieu, pour notre bonheur, pour notre salut.

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