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Art et histoire, Saint Michel, Bénédiction de l’église en 1913

samedi 8 octobre 2011, par JMartin

Bénédiction de la Nouvelle paroisse St-Michel

Dimanche, à 9 heures du matin, S.G. Mgr Sevin, assisté de Mgr Bonnardet, vicaire général, a béni solennellement l’église provisoire de Saint-Michel, rue Parmentier.

Sa Grandeur a été reçue par M. le chanoine Chappel, le nouveau curé de la paroisse, et par ses deux vicaires, MM. les abbés Moulin et Lamache (qui fondera le célèbre centre de formation du Bachut qui porte son nom). La cérémonie de la bénédiction de l’église commença aussitôt, très suivie dans le long déve-loppement de sa liturgie.

Après les prières et les aspersions d’eau bénite autour de l’église, Sa Grandeur monta en chaire et prononça une belle allocution, pleine d’enseignements et de vérités.

Après avoir remercié les fidèles de leur empressement, et MM. les curés de Saint-Louis et Saint-André de la bienveillance qu’ils apportèrent à la constitution de la nouvelle paroisse, Monseigneur commenta le sens de la cérémonie.

Quelle belle journée, dit-il, pour vous, paroissiens de Saint-Michel ! Un foyer nouveau de vie chrétienne est ouvert pour des âges dont nous ne pouvons mesurer la durée. Un curé vous est donné. Dans quel but ? Il vient vous apporter la foi que vous avez juré de garder, sans laquelle on ne peut entrer au ciel. Il répandra sur vous les grâces divines et c’est ici que vous viendrez recevoir les Sacrements.

Ets-il tâche plus sublime que celle de M. le Curé ? A quoi tend toute cette action, si ce n’est à mettre la lumière dans vos intelligences, la sainteté dans vos cœurs, la paix et la discipline dans vos volontés ? Sa Grandeur montra éloquemment que là est tout le secret de la « question humaine », que la science, dans son impuissance à la résoudre, préfère nier. Seul, le prêtre qui enseigne la parole de Dieu pourra donner la lumière indispensable. Mgr Sevin, dans un tableau rapide, montre l’influence du prêtre, ministre de paix, si nécessaire à notre époque où tant de volontés sont soulevées par la haine contre l’ordre social ; du prêtre qui seul peut ramener la paix, la justice et la charité fraternelle dans une société qui, pour avoir voulu se passer de Dieu, frémit devant l’anarchie et la criminalité, si attristante surtout dans l’enfance.

Le prêtre est aussi un sanctificateur qu’il faut placer au plus haut chemin de l’humanité. Venez, mon cher fils, avec toutes les vertus qui vous ont concilié l’estime de vos frères et la sympathie de tous, venez vous donner tout entier à cette paroisse, dont le peuple saura vous rendre hommage… Soyez béni parmi ce peuple ; vous trouverez des admirateurs de votre piété, des collaborateurs de votre apostolat, des cœurs qui s’ouvriront aux paroles de charité et vous en ferez de véritables fils du Christ.

La grand’messe fut ensuite célébrée par M. le curé de Saint-Michel, assisté de MM. les curés Rambaud et Arthaud. A l’Evangile, M. le chanoine Chappet monta à son tour en chaire pour rappeler que la création de la nouvelle paroisse satisfaisait à un vœu déjà ancien du regretté cardinal Coullié. Il remercia Sa Grandeur d’être venue inaugurer l’église et bénir ses paroissiens.

Dans l’après-midi, à 3 heures, après avoir béni le presbytère, l’école, les salles d’asile et le patronage, S. G. Mgr Sevin a assisté aux vêpres où il a pris de nouveau la parole.

Sa Grandeur, rappelant le souvenir de l’ancienne église lyonnaise de Saint-Michel, souhaita qu’à l’église provisoire succède bientôt l’église définitive. Elle expliqua que la paroisse fut à dessein placée sous la protection de Saint Michel, de l’archange protecteur de l’Eglise et de la France. L’heure est, en effet, à la bataille pour la défense de la Foi, surtout de la foi des enfants, qu’il importe de défendre par la bonne presse, les bons livres, les écoles et les patronages. Sa Grâce insista surtout sur l’éducation à donner aux enfants – qui ne peut pas être neutre, mais qui doit être catholique comme la vie doit être catholique. En terminant, Mgr Sevin, après un hommage ému à ses diocésains de la Champagne, recommanda la pratique de la communion fréquente préconisée par Pie X : « Que Saint Michel vous ramène à la Table Sainte et vous serez les soldats de Jésus-Christ et de l’Eglise. »

Après le chant du « Te Deum », la bénédiction du Saint-Sacrement termina cette journée de fête, où l’empressement pieux de tous et la bénédiction de Sa Grandeur sont des gages certains de l’activité féconde qui animera la nouvelle paroisse.

L’Echo de Fourvière, 4 janvier 1913

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