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Art & Histoire, St Michel, De l’église de 1913 à l’église actuelle

mardi 11 octobre 2011 (Date de rédaction antérieure : 8 février 2010).

L’église de 1913

D’après des notes prises aux conférences de MM. Rinuccini et Burlet données au ‘Minotaure’ les 5 mai et 10 novembre 1962, la documentation paroissiale et M. René Janin.

Au début du XXème siècle, devant l’accroissement de la population du 7ème arrondissement, il parut nécessaire à l’archevêque de délimiter une nouvelle paroisse sur la rive gauche du Rhône, prise sur les territoires de Saint André et de N.D. Saint Louis, ce qui fut fait en 1906. La population de ce nouveau territoire atteignait 16000 personnes.

C’est Bonnamour qui fut chargé de sa construction qui dura de 1910 à 1912. Le cardinal Couillé confia cette paroisse au chanoine Camille Chappet, alors vicaire à St Jean et la plaça sous le vocable de Saint Michel en souvenir de celle du quartier d’Ainay. Le nouveau pasteur, qui était assisté des abbés Moulin et La Mache [1], commença par faire construire un vaste immeuble à usage d’école et de presbytère sur un terrain dont il était propriétaire situé rue Parmentier, rue du Professeur Grignard aujourd’hui. C’est sur ce bâtiment que vint s’appuyer l’église.

En 1929, l’association immobilière créée pour gérer les biens de la paroisse après la séparation de l’Eglise et de l’Etat achèta deux parcelles de terrain avec leur bâti le long de l’avenue Berthelot.

Le bombardement américain du 26 mai 1944 visait à détruire la voie ferrée, ce qui fut fait, mais les dommages collatéraux, selon la formule moderne, furent considérables : plus de 700 morts, un très grand nombre de blessés et plus de 6000 sinistrés. De l’église, il ne restait pratiquement plus rien : le mur nord avec sa tribune, le mur sud situé derrière l’autel et un amas de gravats.

L’église actuelle

Le curé Duvernay put utiliser la chapelle de l’hôpital Saint-Joseph en attendant un premier aménagement de l’immeuble de la rue du Professeur Grignard. Seize longues années allaient s’écouler. Ce n’est qu’en 1960 que le diocèse décida de reconstruire St Michel, dont la première pierre fut posée le 4 novembre 1961.

Les contraintes étaient nombreuses : le terrain (trois immeubles et un garage adjacents) ; le désir de conserver une partie des fondations de 1910 ; la volonté de construire une salle des fêtes sous l’église avec, de chaque côté, des préaux, prolongés par quatre classes. Elles amenèrent l’architecte à changer l’orientation de l’église (Nord-sud), d’autant que, cette fois, le terrain jouxtait l’avenue Berthelot.

Ce maître d’œuvre est M. RINUCCINI, architecte D.P.L.G.. Dans l’architecture et la technique, il a voulu éviter tout choix qui risquait de choquer dans quelques décennies, ce qui l’a amené à un parti pris de sagesse : rien de révolutionnaire. Saint Michel est cependant la première église couverte en acier inoxydable.

La dissymétrie est accentuée avec, d’un côté, un porche arrondi et couvert d’un auvent de béton et le baptistère de l’autre. Pour prendre en compte l’espace nécessaire à la salle des fêtes, c’est un escalier monumental de 25 marches qui permet d’accéder à l’église. Il est maintenant doublé d’un ascenseur qui s’ouvre dans la cour de gauche. Le clocher-signal, raccordé à l’église par une galerie, contribue également à renforcer l’élan vertical de la façade.

Quand on pénètre dans l’édifice, on est frappé par l’harmonie des proportions : 32 mètres sur 22.

Le plafond est constitué de petites voûtes antisonores en staff, solution originale et fonctionnelle. Des spots encastrés dans ces voûtes assurent l’éclairage nocturne.

L’éclairage diurne est assuré par des vitraux, œuvre de René-Maria BURLET, peintre, fresquiste et verrier lyonnais. Ce sont des dalles en verre insérées dans des lames de béton. Leur disposition est analogue à celles des fenêtres du réfectoire du Mont Saint-Michel. Dans la nef se succèdent 29 baies. L’église est en plan crucial par la lumière colorée. Dans l’axe, les baies sont très claires. Cette raie lumineuse est presque imperceptible (une église n’est pas un théâtre) et l’artiste a recherché cet insaisissable jamais atteint (sauf, peut-être, dans l’art roman). Les lames sont asymétriques.

La première baie mesure 9 m. de haut.

Grâce au jour frisant, un coin de recueillement est ménagé vers la tribune. Au dessous de celle-ci, les lignes montent ; au dessus, elles redescendent, formant « l’arc-en-ciel modéré » (le vert, trop vif, ou trop clair, ‘plat’, est évité). Un symbolisme possible de l’entrée : \/ : deux mains qui attendent (cf. « la cathédrale » de Rodin), qui peuvent recevoir. Elles symbolisent aussi la terre, l’eau … Au fond, les mains montent /\, évoquant la prière (l’air, le feu). Le motif est inversé par rapport à l’entrée.

L’autel, un bloc de pierre grise, est majestueux. La lumière colorée, réfléchie par le plafond, retombe sur lui. Les lignes montantes de lumière symbolisent la prière « qui s’élève comme un parfum d’encens ».

A droite et à gauche du chœur, R.M. Burlet a creusé le béton encore frais puis a rehaussé ses traits de couleur, dessinant deux scènes : CANA et CAENA (Les Noces de Cana et la Cène).

Les dalles colorées proviennent de la fabrique de St Just-sur-Loire. De 20 cm par 30, épaisses de 25 à 35 mm, elles sont irrégulières d’un côté. Ces dalles sont moulées, la partie inférieure dans le moule talqué. La partie brute provient du décoffrage. Le verre est fait de chaux et de soude. On a utilisé des colorants ordinaires ou à base de sélénium et de sels d’or. Ces dalles ont été découpées par M. et Mme Burlet, soit à la scie diamantée, soit à la marteline (petite massette à bouts coniques). Sur un côté, le verre a été plus ou moins éclaté, toujours à la marteline : il s’irise. Pour éviter l’éblouissement, les dalles exposées au midi n’ont pas été éclatées.

Le vitrail du baptistère représente l’OISEAU DE FEU et l’ombre de l’oiseau. Les « trois nuages » symbolisent le corps, l’âme et l’esprit.

A gauche du chœur, c’est la chapelle de la Vierge, à trois spirales, au manteau « couvrant ». Le vitrail est à dominante bleue. La statue est signée Gourdon. En face, la chapelle du Sacré-Cœur dans les tons rouges (couronnement d’épines).

Les vitraux du chœur représentent, comme à Vézelay, les Signes du Zodiaque qui appartiennent au symbolisme sacré universel.

La zone d’encadrement, importante, est neutre, de couleur grise. Les couleurs sont chaudes au couchant et froides au levant.

Au centre (panneau 7), la croix – jaune – est à peine suggérée (car elle est à l’autel). Autour d’elle, la spirale symbolise l’énergie divine et le bon serpent, emblème de la libération (serpent d’airain)

Les lettres grecques alpha et oméga figurent respectivement au pied du panneau 5 et au pied du panneau 9.

Dessinant une sorte de courbe, les panneaux 4, 7 et 10 représentant respectivement :
- le Paradis terrestre, décrit au début de l’Ancien Testament.
- La Triple Enceinte, suggérant la portée de la Rédemption sur le plan universel (les trois mondes : terrestre, firmamental, céleste ou divin)
- La Jérusalem Céleste, aux douze portes, décrite à la fin du Nouveau Testament, « descend du ciel. »

Les vitraux 4 et 10 évoquent donc ainsi la première et la dernière demeures de notre humanité, bornes entre lesquelles se dispense la Parole divine.

La nouvelle église fut consacrée par le Cardinal Gerlier le 30 septembre 1962.

Notes

[1] (fondateur en 1920 de l’établissement du quartier du Bachut qui porte son nom)

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