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Art & Histoire, St André, La paroisse de Béchevelin

samedi 8 octobre 2011 (Date de rédaction antérieure : 8 février 2010).

La paroisse de Béchevelin

La paroisse Saint-André qui sous sa forme actuelle et son nom récent ne date que de 1846, remonte, par ses antiques origines, jusqu’aux siècles du Haut Moyen-Âge et à la paroisse de Béchevelin.

Au point de vue étymologique, le mot : "Béchevelin" est une forme contractée de "Bêche-en-Velin". L’expression "Bêche" dans un sens ancien doit indiquer un établissement en rapport avec la vie du fleuve, soit un pont, soit un port, soit une barque ou bateau avec des arceaux et une couverture de toile. Quant à l’expression "en Velin", elle situe, géographiquement, l’emplacement de la Bêche, dans cette région du Velin dont le nom signifie peau de veau, indiquant que ces terrains servaient de pâturage aux animaux de boucherie. Il semble être l’ancien nom porté par la plaine de la rive gauche, puisqu’on le retrouve dans d’autres noms de lieux comme Combe-Velin (près de Vénissieux) et surtout Vaulx-en-Velin, ancien marquisat dont dépendait Villeurbanne (Villa Urbana).

Le Mandement (ou district, canton) de Béchevelin qui s’étendait du Grand-Camp (La Doua) au Moulin-à-Vent d’une part et, de l’autre, de Bron et de Saint-Fons au Rhône était un territoire pris sur le domaine des Allobroges. Des traces de l’occupation romaine ont été retrouvées. Béchevelin peut nous apparaître comme une transition entre les anciens villages et le bourg, faubourg de grande ville comme le sera la Guillotière. Il fut édifié, à Béchevelin, outre le château, une importante église paroissiale Notre-Dame de Béchevelin après 1216. En remontant dans l’histoire religieuse de ce Mandement de Béchevelin, on le trouve partagé entre deux paroisses : la paroisse de Chaussagne ou de la Chesnaie (Saint- Alban) et la paroisse de Champagneu aujourd’hui Hospice des Frères de Saint-Jean-de-Dieu. Un chemin y porte encore le nom de Champagneux.

A la fin du XIIème siècle, l’archevêque de Lyon, Jean de BELLESME, dont le pontificat se place entre 1182 et 1192, fit construire sur la rive gauche du Rhône le château fort de Béchevelin pour défendre le pont de bois qui remontait au IVème siècle, peut- être plus haut et allait à peu près de la hauteur de la rue Sainte- Hélène ou de la rue Sala à la rue Salomon Reinach et à la rue des Trois Pierres approximativement. Aussitôt les habitations se portèrent sous l’abri de la forteresse et l’église de Champagneux fut abandonnée pour une autre, celle de Saint-Jean de Béchevelin, plus rapprochée de la population, après 1216. A cette date, en effet, l’archevêque RENAUD II de Forez, successeur de Jean de BELLESME, ayant obtenu la cession du péage du pont sur le Rhône, donna gratuitement à Armandrie ou Aimery abbé d’Ainay, deux verchères pour y établir une église et un cimetière. L’archevêque qui dépendait de l’administration du Saint Empire Romain-Germanique, fit bâtir, auprès de la tour avec enceinte crénelée, une petite église sous le vocable de Notre-Dame de Besche-Vilain ou Besch-in-Vilen, chef-lieu d’une paroisse succursale de la paroisse Saint-Michel d’Ainay sur la rive droite. L’abbaye d’Ainay, de son côté, fit bâtir une chapelle sous le vocable de la Madeleine approximativement à l’angle de la rue de la Madeleine et de la rue du Repos.

L’ancien tracé de la voie romaine passait vraisemblablement sur le territoire de la paroisse. Le pont en pierre sur le Rhône, remplaçant le pont en bois, ayant été commencé vers 1245, Béchevelin fut délaissé par la population qui se porta, avec les auberges, à la tête du pont de la Guillotière. Néanmoins la paroisse subsista jusqu’en 1562 où les troupes protestantes du baron des ADRETS détruisirent l’église Notre-Dame de Béchevelin comme cinq ou six autres à Lyon (celle de Chaussagne ou La Chesnaie) et mutilèrent celle de la Madeleine.

Quand fut apaisée la tourmente, le centre de Béchevelin, ruiné, fut rattaché, au point de vue religieux, en partie à l’église de Villeurbanne (actuellement Saint-Julien de Cusset) la seule église paroissiale existant sur la rive gauche du Rhône en 1562 et, en partie, à l’église paroissiale Saint-Michel d’Ainay disparue en 1687 sur la rive droite du Rhône (actuelle place Antoine Vollon et rue Clotilde Bizollon) et qu’il ne faut pas confondre avec l’église, alors régulière, de Saint-Martin d’Ainay. Une ordonnance du 7 janvier 1678 prescrivit la séparation de la paroisse de la Guillotière de celle de Villeurbanne.

Après 1562 les habitants de Béchevelin ne purent conserver de leur église détruite qu’une statue de Notre-Dame de Béchevelin ou Notre- Dame de Pitié. On ne peut guère en établir l’origine authentique ; mais elle continua à être l’objet de la vénération populaire dans un oratoire placé à l’angle des rues de la Vierge (Gilbert-Dru) et de Béchevelin. Les mariniers du Rhône y venaient en dévotion, et de leurs bateaux, ils acclamaient la Vierge vénérée. Cet oratoire de Notre-Dame de Béchevelin a été décrit par Mazade d’AVAIZE et par MEYNIS (Histoire du Culte de Marie à Lyon 1868) :

"Il existait en 1812, écrit-il, à l’angle des rues de Béchevelin et de la Vierge, une chapelle ou bien un oratoire renfermant une Madone connue sous le nom de Notre-Dame de Béchevelin, sans doute parce que cette chapelle était située dans l’ancien Mandement de ce nom, particulièrement en grande vénération parmi les mariniers du Rhône, à cause de nombreux miracles qu’elle faisait en leur faveur. Elle était très ornée et très décorée, exposée sur son autel, entourée d’ex-voto. Près de la niche dont on voit encore les traces, au lieu désigné, se tenait, les samedis surtout, une femme nommée Bertine qui, moyennant la simple rétribution de cinq centimes par jour, se chargeait des neuvaines qu’on voulait faire à Notre-Dame de Béchevelin".

Lors de l’insurrection de 1834, les bombes de la garnison incendièrent cet oratoire qui était en bois et endommagèrent le bas- relief sculpté dans la pierre et représentant Notre-Dame de la Pitié (une Piéta). Transporté dans une maison particulière, il passa ensuite aux Hospices et fut restauré à neuf. Il est actuellement en haut de la nef latérale droite de l’église SaintAndré, depuis avril 1868. Il y fut placé sous le patronage du cardinal de BONALD et le Pape PIE IX a accordé des indulgences spéciales pour la visite de ce monument. Ce dernier a une hauteur de 1,20 m et une largeur de 0,75 m. On pense que ce bas-relief ne remonte pas au-delà du XVIIème siècle ; aussi a-t-il pu en remplacer un autre détruit avec la chapelle en 1562.

Un panneau, dessous, résume son histoire. La plaque au-dessus indique qu’en avril 1868 ce bas-relief fut mis à cette place sous le patronage de Monseigneur de BONALD. Elle est en latin. Une autre petite plaque à côté du bas-relief rappelle la visite du cardinal MAURIN qui, le 5 avril 1925, accorda une indulgence de 300 jours à l’invocation suivante : "Notre Dame de Compassion, priez pour nous."

D’autre part on peut suivre à Béchevelin le développement de formations hospitalières que la charité de nos pères multipliait partout.

En 1129 Raymond de SEMUR, archevêque de Lyon, fonda, près du pont du Rhône, un hospice appelé "l’Aumônerie" qui dépendait du Grand Hôtel-Dieu. Il y eut aussi : celui de Béchevelin contigu à la "malactière" de la Madeleine et fondé en 1306, puis la maladrerie de Saint-Lazare et la léproserie de la Madeleine qui date du XIIème siècle. Les échevins de Lyon firent construire au XVIIème siècle un hôpital qui servait en même temps d’asile de nuit. Il était situé au n° 41 de la Grande-rue de la Guillotière et une de ses façades donnait sur la rue des Passants (l’actuelle rue Dansard) ; pour cette raison il fut appelé hôpital des Passants ; une plaque ancienne : "A la garde de Dieu" et une autre récente rappelant les dates de cet hôpital : 1562-1792 furent placées en 1986 dans le grand porche de l’immeuble à côté du n° 5 rue Louis Dansard. Tous ces hospices étaient rejetés à la périphérie, plus pour protéger les gens sains dans la ville que pour soigner les malades.

En même temps que l’église Notre-Dame de Béchevelin, la Guillotière possédait une église Notre-Dame de Grâces située sur la place de la Croix, Place Stalingrad actuelle. Pour plus de détails, lisez les chapitres de l’histoire de Saint Louis correspondants.

Tout ce chapitre est inspiré directement de la brochure de René JANIN qui m’a autorisé à l’utiliser sans aucune restriction et de celle du Chanoine LAURENT et de Mgr DELMONT, de 1910 J.M.

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