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Art & Histoire, St André, Histoire

samedi 8 octobre 2011, par JMartin (Date de rédaction antérieure : 8 février 2010).

Histoire de la première église 1844-1860 et de l’église actuelle

La rue Basse-Combalot, qui relie la place Gabriel-Péri à la place Raspail où était le quai du port Combalot, rappelle le nom de cette pieuse famille qui fit beaucoup pour la création de la paroisse Saint- André. André COMBALOT, père, fut entrepreneur et ingénieur, puis brasseur de bière. Peut-être possédait-il la Brasserie de la Guillotière. Il eut un fils, André, dit Adrien, à l’origine de la création de la paroisse. André COMBALOT père, propriétaire de l’île de Béchevelin, commença vers 1810 des travaux d’assèchement des lônes marécageuses, sous le pont de la Guillotière, entre le quai et la place du Pont. En 1826 après les inondations de 1825, les pouvoirs publics entreprirent la construction d’une digue oblique, supportant un bas- port, depuis la 11ème pile du pont jusqu’à la Vitriolerie, usine d’acide qui occupait l’emplacement actuel du garage Citroën.

COMBALOT soutint que l’espace ainsi comblé et libéré faisait partie auparavant de son île de Béchevelin et assigna l’État en 1829 en paiement d’une indemnité d’expropriation de 450.000 francs-or et finit par obtenir gain de cause en 1843 (deux ans après sa mort). En 1845 et peut-être même en 1844, son fils héritier, André Adrien, en faisait profiter le quartier par son don pour la construction de l’église Saint-André en même temps qu’il y construisait des maisons de rapport et que sa famille donnait le terrain sur lequel on construisit l’église.

En effet, on lisait dans le Journal de la Guillotière du 20 juin 1844 :

"Cérémonie religieuse à la Guillotière faite sur l’emplacement de l’église qui sera construite dans le quartier Combalot. M. BEAUJOLIN, vicaire général, délégué par Mgr l’Archevêque de Lyon et assisté d’un nombreux clergé, est venu administrer la bénédiction aux fondations de cette église. M. COMBALOT fils, membre de la Commission exécutive a prononcé un discours. La musique de l’Institution Sauvignet a fait entendre quelques morceaux."

Au début de 1844, Jean-Baptiste BALLET, architecte de Lyon, avait bien voulu se charger à titre gratuit de la direction des travaux de cette église qui sera construite dans le style byzantin avec nef principale et bas-côtés. Une courte rue allant de la place du Pont à cette église s’appela tout naturellement rue Saint-André, toujours en l’honneur d’André Adrien COMBALOT ; prolongée, elle est devenue la rue de Marseille. De nos jours, la rue Saint-André relie les rues Amédée-Lambert et Salomon-Reinach.

La future église Saint-André allait être au coeur de la plus pauvre population de l’agglomération lyonnaise. La rive gauche qui, en 1815, ne comptait guère que 7.000 habitants, surtout autour de la Grande rue de la Guillotière, montait déjà à 43.000 en 1856, pour arriver en 1911 à 253.000, dépassant alors la population de Lyon. Cette croissance foudroyante était due au développement des industries métallurgique et chimique à partir de 1830. Cette banlieue indépendante, qui ne sera annexée à Lyon qu’en 1852, avait le monopole de fait des bals publics, notamment avec celui du Prado. Le Prado, vaste salle de bal de 60 m x 20 m, construite en 1837 sur la place qui en porte maintenant le nom, tenait ce nom d’un autre bal parisien connu, du quartier de la Cité, qui, lui-même avait pu être ainsi nommé à l’occasion de l’expédition en Espagne de 1823 du duc d’Angoulême, neveu de Louis XVIII et en souvenir du musée du Prado à Madrid.

Cette banlieue est composée d’une population pauvre vivant dans de mauvais logements. La délinquance y est fort répandue. Les paysans du Dauphiné qui avaient rêvé, dans leurs travaux des champs, d’une promotion au coeur de la cité-mine d’or, doivent peu à peu renoncer à leur rêve ; ils n’arrivent même pas à la condition de l’ouvrier ; ils deviennent d’une manière fatale prolétaires de banlieue, et de là, des révoltés. A ces causes matérielles s’ajoutait le commencement du processus de déchristianisation du pays commencé déjà avant la révolution de 1789. Les habitants du quartier de Béchevelin, au nombre d’environ 5.000 en 1845, frappés de l’éloignement de l’église Notre-Dame Saint-Louis de la Guillotière, conçurent le projet d’une nouvelle paroisse, moins populeuse et plus près de leurs habitations. En 1845, dans ce but, André-Adrien COMBALOT offrit 1350 mètres carrés de terrain pour cette église. Les voisins MM. HUVET, architecte et JANGOT, avocat dont la rue voisine porte le nom, cédèrent aussi 1430 mètres carrés pour établir une place et des rues autour de l’église. MM. DULAC, MILLIAT, BILLIAZ-MAUMEREE, directeur de la cristallerie de Lyon, et quelques autres furent aussi de généreux donateurs.

La ville de la Guillotière accepta ces dons et paya les premiers frais de construction : 86.000 francs. Les souscripteurs fixèrent l’emplacement de cette église primitive à laquelle on donna le nom du principal donateur André COMBALOT. Elle était à trois nefs petites et étroites. L’érection de la paroisse Saint-André par Monseigneur de BONALD eut lieu le 15 juin 1846. Monsieur l’abbé GORAND fut le premier curé avec Monsieur l’abbé OLLAGNON pour vicaire. La paroisse était délimitée par le Rhône, le pont Lafayette, le cours de la Liberté, la grande rue de la Guillotière, la rue Sébastien-Gryphe, le chemin de Gerland jusqu’au quartier des Rivières, les confins des communes de la Guillotière et Saint-Fons. Les paroisses mitoyennes étaient N.D. de la Guillotière (Saint-Louis) et Saint-Pothin (l’Immaculée Conception ne sera détachée qu’en 1855).

Le deuxième curé fut M. BARJOT qui eut pour vicaire de 1850 à 1857 l’abbé Antoine CHEVRIER , fondateur de l’ordre du Prado et qui fut béatifié par le Pape Jean-Paul II le 4 octobre 1986 à Lyon (Eurexpo). Le Père CHEVRIER quitte Saint-André pour être vicaire à l’Immaculée Conception, paroisse détachée de Saint-André en 1855, sur le territoire de laquelle était la Cité Rambaud (Cité de l’Enfant Jésus) dont il devient l’aumônier. Antoine CHEVRIER, né à Lyon en 1826, fut attiré dans ce mauvais quartier justement parce qu’il y avait beaucoup de bien à faire. Il passait des après-midi à visiter les malades et les pauvres de la Guillotière. En mai 1856, le Rhône causa une terrible inondation à la Guillotière où il y eut trois mètres d’eau ; les maisons en pisé s’effondrèrent. L’abbé CHEVRIER et l’abbé HAOUR, vicaires, se dépensèrent avec intrépidité pour sauver des vies. Le P. CHEVRIER se verra donner le surnom d’ "ange de Saint-André". Voyez à ce propos le tableau de L. SCOHY qui est dans le tambour d’entrée est de l’église N.D. St Louis. Sa Cité de l’Enfant Jésus devint une cité de secours pour les nombreux sinistrés de cette inondation. Ce fut le curé, M. BERJOT, qui reçut la Légion d’Honneur de Napoléon III pour leurs efforts.

Le P. CHEVRIER vécut donc dans la première église. Pour la fête de Noël qui suivit ces inondations en 1856, le Père CHEVRIER médita une nuit devant la crèche de l’Enfant-Jésus et, comme il le dit : "s’y convertit". Les souvenirs de ce triste printemps 1856 et ses réflexions sur la misère morale et matérielle de ceux qui l’entouraient lui inspirèrent cette décision : "C’est en méditant sur la pauvreté de Notre Seigneur et son abaissement parmi les hommes que j’ai résolu de tout quitter et de vivre le plus pauvrement possible. Comment peut-on annoncer l’Évangile aux pauvres si l’on n’est pauvre soi-même ?" Il meurt le 2 octobre 1879 à l’âge de 53 ans.

Sa photo est placée près de l’autel du saint curé d’Ars. Rapprochement symbolique quand on sait l’affection qui les unissait l’un à l’autre.

L’année suivante, les ruines accumulées par l’inondation étaient réparées et la population de la paroisse, malgré ce qu’on lui avait pris pour l’Immaculée-Conception était de 9.000 âmes : aussi le nombre des fabriciens fut-il porté de cinq à neuf dès 1858. L’église devenait manifestement insuffisante pour la paroisse qui augmentait sans cesse. Le premier architecte, M. BALLET, étant mort en 1859, le curé BARJOT aussi actif que dévoué, demanda à M. Tony DESJARDINS, architecte, de dresser en 1859, les plans d’une nouvelle église. Ces plans furent approuvés par le cardinal de BONALD le 20 février 1860 et par M. VAÏSSE, sénateur et Préfet du Rhône, le 11 juin 1860. On se mit aussitôt à l’oeuvre, mais M. BARJOT quittait Saint-André après avoir dignement administré la paroisse de 1850 à 1861. ll était nommé à l’archiprêtré de Saint-Nizier où il devait mourir.

C’est M. CLUZEL qui le remplaça. Comme, hélas, souvent, le problème du financement se posa. Il fut décidé pour limiter les dépenses de ne construire que la partie orientale de la nouvelle église, choeur et abside en démolissant au fur et à mesure l’église provisoire. En 1864, abside, transepts et première travée des nefs étaient achevés ; avec la partie conservée de l’ancienne église, la paroisse disposait d’un édifice suffisant.

Là-dessus, il fallut s’arrêter. Entre les subventions de la Ville de Lyon et ce que la paroisse avait réussi à réunir, il restait une dette énorme qui ne sera soldée qu’en 1870 quand la Ville votera une dernière subvention.

En 1873, St André perdit une partie de son territoire au profit d’une nouvelle paroisse, N.D. des Anges mais la population continuait à augmenter (1874 : 12 000 paroissiens). Le projet de DESJARDINS fut réexaminé mais on dut se rendre à l’évidence : il fallait y renoncer.

A M. CLUZEL, mort à la tâche à St André succéda M. LAURENT qui fut bien obligé de constater qu’il fallait faire quelque chose. Le Conseil de fabrique vota le 1er février 1897 l’achèvement de l’église selon le plan de DESJARDINS puis revint sur sa décision le 1er avril de la même année et envisagea de réduire d’une travée l’édifice, soit 300 places mais devant le nombre de fidèles, certains jours de fête de l’ordre de 2000, se résolut à voter le 29 décembre 1897 l’achèvement de l’église conformément au plan initial, c’est à dire la construction de trois travées, du porche et du clocher. Les travaux commencèrent en 1898 et furent terminés en 1901 sans que l’on achevât le clocher. Le 24 octobre 1898, le cardinal COUILLE bénissait solennellement la nouvelle église.

Tout ce chapitre est inspiré directement de la brochure de René JANIN qui m’a autorisé à l’utiliser sans aucune restriction et de celle du Chanoine LAURENT et de Mgr DELMONT, de 1910

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